J’aimais à la passion cet homme que je n’avais jamais rencontré, et je priais pour la fin de son histoire, pour qu’elle se termine différemment. Quelque chose me disait que je ne m’en remettrais jamais, que la condamnation de cet homme, que sa mort, que son déclin, serait un poids sur Paris et sur Londres, et que je ne le leur pardonnerais jamais vraiment.

Que dit-on à la tombe, debout devant elle ? J’attendais qu’ils passent, ces passants, ces gens que, semblait-il, rien n’attachait à cette tombe en particulier, et je me sentais infiniment supérieure à eux et je leur en voulais, parce que, me disais-je, avaient-ils lu vraiment comme moi j’avais lu, avaient-ils pleuré vraiment comme moi j’avais pleuré ?

Je me demandais parfois ce que lui en aurait éprouvé, je me demandais s’il m’aurait méprisé pour les fleurs que je posais sous le verre au plus proche de la pierre, je me sentais comme une maîtresse parmi d’autres, et ça ne me faisait pas mal. J’aimais pour aimer, et je l’adorais sans raison et sans retour, et c’était le plus bel amour qui soit.

  1. damnabledawn a publié ce billet